DROIT DE REPONSE DE MONSIEUR HENRY
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Mise au point Utopie Sauvage
Le 19 novembre dernier, j’ai découvert avec stupéfaction un texte publié sur son blog par Sylvie Barbe, la protagoniste du film Utopie Sauvage. Depuis quelques jours, ce texte au caractère juridiquement diffamatoire se propage doucement. Certains le diffusent aveuglement, d’autres tiennent des propos injurieux à mon encontre. D’autres ont eu le réflexe de me contacter afin de connaitre ma version des faits,  considérant que face à toute accusation publique la défense doit pouvoir s’exercer.
A celles et ceux qui veulent juger en toute connaissance de cause, je vais raconter l’histoire de la fabrication de ce film telle que je l’ai vécue.
En mars 2016, je suis allé à la rencontre de Sylvie Barbe pour lui proposer de participer à un film documentaire sur la thématique de l’autonomie. Elle me répond qu’elle ne veut pas participer à un film collectif, mais qu’un film exclusivement sur son lieu de vie serait envisageable. Après une première session de tournage, un travail d’écriture me semble indispensable pour aller plus loin. Je suis alors dans un bouillonnement d’idées. Après une seconde session de tournage en octobre 2016, je prends plusieurs semaines pour écrire la note d’intention que j’envoie à Sylvie. Bien évidemment, ce travail d’écriture n’est pas le reflet exact de la version finale du film. C’est très fréquent dans les documentaires, on écrit pour avoir une trame, un regard, un point de vue, et tisser un début d’histoire, mais il y a forcément une grande part d’imprévisibilité.
La période de tournage s’est étalée de mars 2016 à juillet 2017. Pour convenir de mes visites sur son campement, nous échangions par email. Parfois elle se ravisait, ce que je comprenais tout à fait. Parfois nous parlions d’autre chose. Les phénomènes de harcèlement qu’elle me disait subir l’envahissait souvent totalement, tout comme son électrosensibilité. De mon côté, j’évoquais mon désir de me rapprocher de la nature, l’arrivée de mon premier enfant…
Sur la période d’un an et demi, je suis venu à cinq reprises chez Sylvie pour tourner les images du film. J’ai toujours ressenti nos échanges de façon sereine et respectueuse. Je n’avais pas la caméra à la main en permanence, loin de là. Je participais à la vie du quotidien, notamment pour aller chercher l’eau à la source. Lors des interviews proprement dites, j’essayais de ne pas m’éloigner du sujet du film même s’il nous arrivait de déborder. A mon sens, le documentariste doit instaurer un cadre, mais il est essentiel de laisser un maximum d’espace d’expression à la personne filmée.
Notre différence d’âge et le respect que j’avais pour son parcours, ont toujours sous-tendu mon rapport à elle. Chaque fois qu’elle désirait se reposer ou vaquer à ses occupations, elle me laissait seul et libre de circuler sur son terrain pour tourner des plans de coupe.
C’est pourquoi je considère qu’il est contraire à la vérité qu’elle qualifie « d’incursions » ces moments privilégiés et qu’elle affirme que je prenais « partout et sans cesse des images », laissant entendre qu’elle n’y a pas consenti et que le tournage ne s’est pas déroulé dans le respect mutuel .
Je crois pourtant avoir su respecter son intimité et son image.
Pendant les phases de tournage et de montage, je partageais sans cesse mes réflexions avec Sylvie. Avant de commencer le dérushage du film, j’ai lui ai envoyé un bout-à-bout des premières images (août 2016) qu’elle a qualifié de « beaux extraits ». Je lui ai aussi envoyé une première version de la bande-annonce (juin 2017) dont elle m’a dit qu’elle lui donnait envie d’en voir plus. En novembre 2017, je commence à organiser la campagne de crowdfunding et lui demande de me confirmer sa participation aux contreparties pour lesquelles elle s’était engagée. Elle me confirme et m’encourage « à ne pas laisser tomber ». En décembre 2017, je lui envoie trois séquences montées et lui annonce que je commence à travailler sur l’affiche du film avec une graphiste.
En février 2018, je lui envoie une version du film en cours de montage. Elle me fait part de ses impressions mais ne m’a jamais demandé d’assister ou de participer au montage. Notre relation étant basée sur la confiance, je pense qu’elle savait que le film correspondrait à ses attentes et mettrait sa personne en valeur. En mars 2018, elle fait la promotion du film en relayant la campagne de crowdfunding sur son blog. Bizarrement, l’article en question (cf. capture d’écran en bas de page) est effacé en novembre 2018, au moment où elle publie son texte. En avril 2018, je lui annonce que la composition de la musique est en cours et que l’association Kamea Meah pourrait accompagner le film. Elle me « remercie pour ces bonnes nouvelles ! ».
En juin 2018, je lui envoie le film dans sa version finale (avant mixage). Sylvie est ensuite présente lors de la première projection publique au Festival Intergalactique du Film Indépendant de Bessèges. Elle dit être très contente du résultat. Nous échangeons avec les spectateurs, eux aussi très enthousiastes. Début juillet 2018, je lui envoie les deux premières versions de l’affiche du film. Fin juillet 2018, je lui annonce la programmation du film par Kamea Meah aux rencontres Ad Hoc début septembre. Je lui propose de venir. Courant juillet/août 2018, elle m’envoie des liens vers des festivals de cinéma où je pourrais proposer le film. Fin août 2018, Sylvie me demande de lui envoyer des DVD pour les lecteurs de son blog qui attendent le film avec impatience. Elle me presse pour que je lui envoie le film, sans délais, dans sa version définitive (mixage inclus).
Je le lui envoie via la plateforme Vimeo.
Début septembre 2018, Sylvie Barbe me dit soudainement, et de façon agressive, que je ne détiens pas ses droits à l’image et qu’il faut que nous signions un contrat. Pourquoi ce revirement de situation alors que le film était finalisé ?
Le 8 septembre 2018, Utopie Sauvage est comme prévu diffusé aux rencontres Ad Hoc pour la carte blanche Kamea Meah. Sylvie ne peut se déplacer mais l’accueil du public est encourageant. Je l’appelle à la fin de la projection pour lui donner mes impressions. Quelques jours plus tard, le 19 septembre 2018, je lui envoie la version définitive du film, en bonne qualité, afin qu’elle puisse le diffuser librement et sans condition aucune.
Bien vite, je me suis retrouvé face à des exigences contradictoires formulées par courriel. Fin septembre 2018, elle revendique un statut de co-auteur du film, au prétexte que ses yourtes et ses sculptures, qu’elle m’a autorisé à filmer sans condition, seraient soumises au droit d’auteur.
J’ai essayé de comprendre ce qu’elle voulait et nous avons tenté d’échanger. Elle m’avait déjà explicitement dit qu’elle ne voulait pas que le film soit diffusé gratuitement sur internet. Je lui ai donc fait plusieurs propositions afin qu’elle bénéficie d’une retombée économique dans le cadre de la diffusion du film en partenariat avec l’association Kamea Meah.
En octobre 2018, elle veut m’imposer d’inscrire son nom au générique en tant que co-réalisatrice du film. J’ai toujours mené ce projet dans une dynamique de partage mais son investissement sur le film n’a jamais été celui d’une réalisatrice, quoiqu’elle en dise. J’ai passé deux ans et demi de ma vie à travailler seul sur ce film en tant que réalisateur. J’ai porté ce projet du début à la fin, lui consacrant mon énergie et mon temps, cumulant toutes les casquettes possibles et imaginables pendant que Sylvie continuait sa vie de son côté. Le film étant auto-produit, j’y ai consacré près de 2000 heures de travail bénévole au service d’une cause. Le comble, c’est que je dois m’en justifier parce que Sylvie a décidé de m’accuser à tort, remettant en doute mon honnêteté, mon intégrité et la sincérité de mes engagements.
Je lui ai toujours été reconnaissant de m’avoir ouvert sa porte et d’avoir accepté de participer à ce film. Mais pourquoi a-t-elle essayé de me contraindre à de telles exigences une fois seulement le film finalisé et divulgué au public ?
Au fil de nos derniers échanges, il était de plus en plus difficile de comprendre ce qui s’était passé dans sa tête. Elle laisse entendre qu’elle me soupçonne de lui avoir volé un livre auquel elle tenait. Cette accusation est ridicule et totalement diffamatoire.
Mais au-delà, il fallait trouver les conditions pour s’accorder et avancer ensemble. Deux jours avant qu’elle ne publie son texte, je lui proposais de signer un contrat aux termes duquel je lui enverrai un disque dur contenant l’intégralité des rushes, le film, la bande-annonce et les photos prises pendant le tournage. Je lui proposais aussi d’orienter le film vers une diffusion exclusivement non-commerciale.
Aujourd’hui, je demande à ce que mon travail ne soit ni dénigré, ni détruit.
Je reste persuadé que la relation amicale que j’ai noué avec Sylvie était totalement sincère. Si nous n’avons pas réussi à la préserver au fil du temps, c’est sans doute à cause de maladresses venant des deux côtés. Ce qui est sûr, c’est que j’ai toujours eu une attitude respectueuse à son égard et n’ai jamais imaginé lui nuire en quoique ce soit. Je peux affirmer sincèrement et sereinement être en accord parfait avec moi-même sur ce point là.
Il est possible que Sylvie émette un nouveau texte comprenant accusation et dénigrement, je ne souhaite pas aller dans cette escalade stérile et puérile sur la place publique. La proposition d’une médiation lui a été faite mais elle refuse désormais toute négociation.
Si l’envie lui prend de faire face à cette situation pour lui trouver un dénouement heureux, je reste ouvert. Cela implique comme seul préalable le retrait de son texte à charge de son blog.
Baptiste Henry, le 29 novembre 2018.
Mise au point Utopie Sauvage

Mise au point Utopie Sauvage Le 19 novembre dernier, j'ai découvert avec stupéfaction un texte publié sur son blog par Sylvie Barbe, la protagoniste du film Utopie Sauvage. Depuis quelques jours, ce texte au caractère juridiquement diffamatoire se propage doucement. Certains le diffusent aveuglement, d'autres tiennent des propos injurieux à mon encontre.

http://stepasideproject.net

A CONSULTER

J'ai, bien sûr, demandé l'autorisation de partager le texte de sa propriétaire.

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19 novembre 2018

Comment l'utopie s'effondre dans la boue

Mise au point au sujet du film "Utopie sauvage" 

Après avoir refusé toutes sollicitations télévisuelles et médiatiques depuis 2013, j’ai fini par accepter en 2015 qu’un jeune cameraman se disant alternatif et indépendant, Baptiste Henry, capte des images chez moi, sur mon écolieu. Se présentant comme amical et désintéressé, ce jeune homme m’a mis en confiance par un assentiment à mon discours de sensibilisation à la protection de la nature. Très réticente envers une nouvelle intrusion filmique, ambivalente quand à la valeur de mon témoignage, consciente du risque encouru par certaines retombées néfastes de la médiatisation, j’ai pensé qu’un débutant serait probablement plus ouvert à comprendre mes positions et entendre mes objections, et qu’il était juste de donner sa chance à un jeune réalisateur se définissant hors système marchand. J’ai cédé à la condition qu’il ne filme que mes mains, ma silhouette, mes œuvres et mon environnement et respecte ma vie privée. Je ne souhaitais pas que ma personne soit mise en avant mais plutôt la beauté de la nature et l’artisanat sauvage. Je pensais que ces images pourraient transmettre de façon poétique une autre vision du monde et la possibilité d’une véritable alternative. Nous avons donc convenu de nous associer sur un court métrage expérimental et bénévole qui servirait la cause écologique qui me tient à cœur, la protection de la forêt. Le projet étant non professionnel et non commercial, il n’y a donc pas eu de contrat, pas de cadre défini, le tournage s’est engagé comme une aventure collaborative se forgeant au fil de l’inspiration et de mes créations. Il n’y a pas eu de scénario, pour la bonne raison que j’étais toujours en mode improvisation au fil des saisons et des travaux en cours, ce qui, semble t’il, donne au film son caractère d’authenticité.

Mais rapidement Baptiste a voulu toujours plus, en prenant partout et sans cesse des images et j’ai du me retrancher trop souvent sur la défensive pour parer à ses incursions. Je vaquais à mes activités ordinaires et il filmait, parfois à mon insu, sans me demander mon accord. J’ai du plusieurs fois le rappeler à l’ordre. Je lui ai suggéré quelques scènes signifiantes que j’estimais appropriées, et j’ai accepté de parler parfois face à la caméra car ça me prenait trop d’énergie de toujours devoir cadrer ses intrusions filmiques. Je l’ai accueilli à cœur ouvert, je l’ai initié à la vie sauvage, il a partagé mes rythmes, je l’ai hébergé, nourri, et je lui ai même confié les clefs de mon bureau. Jusqu’à ce que je constate des disparitions inquiétantes de documents précieux, en particulier mon livre fétiche « Habitats, constructions traditionnelles et parallèles »...

Après chaque période de tournage, j’attendais les rushs afin qu’on en discute et que je puisse trier ce qui me semblait adéquat, mais malheureusement il se soustrayait systématiquement, et aujourd’hui refuse toujours de me transmettre ces images. Il a omis de me faire participer au montage, alors que cette étape était pour moi cruciale, pour ma sécurité d’une part, pour l’éthique et l’esthétique du film d’autre part, et surtout parce qu’il s’agit de ma vie privée et de ma production d’auteur, et que j’estime que les images de mon écolieu, de mon habitat et de mes activités m’appartiennent tout autant qu’à celui qui les as capté. Aujourd’hui, je suis capable de mieux comprendre pourquoi je n’ai pas réussi à m’opposer à temps et frontalement à ce qui outrepassait le projet de départ. Il y a eu la proximité, mon hospitalité, un surcroît de travail et de pression, et une baisse de mon système de vigilance et donc de protection, en particulier immunitaire.

En effet, durant tout ce tournage, j’étais en position de faiblesse pour au moins deux raisons : étant électro-hypersensible, (EHS : maladie environnementale), handicap reconnu en Europe à 80 % d’incapacité sociale, j’étais très diminuée par la pression de la caméra, du micro et autres ondes EM : souvent déboussolée, je devenais irritable et déconcentrée. D’ailleurs mon irritation est apparente dans ma voix et certaines attitudes visibles sur le film. Mais j’étais aussi dans une période particulièrement délicate car subissant depuis plusieurs mois un grave harcèlement quotidien qui a fait l’objet de plusieurs plaintes en justice (exactions récidivantes contre ma personne et mes biens). Usée par ces agressions répétées, j’ai demandé à Baptiste de ne pas filmer d’images qui puissent aggraver la situation et me mettre plus en danger. Il n’a pas écouté mes demandes et j’ai fini par comprendre qu’il faisait le film tout seul, contrairement à tout ce qui était la condition de mon acceptation et de mon ouverture. Enfin, quand il a eu cumulé beaucoup d’images, il a décidé de faire un long métrage en me mettant devant le fait accompli. J’ai compris alors que je m’étais fait bernée.

Enfin, en Septembre 2018, Baptiste a voulu me faire signer une cession totale de mes droits à son unique profit. Me sentant trahie et volée dans mon intimité, j’ai refusé de signer un contrat me dépouillant et qui, de surcroît, est un faux, puisqu’il stipule que j’accorde autorisation à la prise d’images et à leur diffusion, non pas avant le tournage, mais après. Il refuse ma qualité de co-auteur, refuse de me transmettre les rushs et la version finale du film, refuse la part économique dédiée à la cause écologique, et cherche à diffuser et exploiter le film sans mon autorisation. Après une médiation qui n’a pas abouti, il persiste à vouloir utiliser ces images sans mon consentement. Il prétexte que le simple fait que j’ai accepté la présence de sa caméra suffit à lui donner le droit d’exploiter toutes les images qu’il détient. La dessus, il m’envoie un bilan financier où il budgétise à son profit, son matériel technique dont sa caméra, son salaire horaire, ses frais de déplacements et de séjour et même ses frais bancaires ! Pourtant, il a profité de ma notoriété, s’appuyant sur mon livre « Vivre en yourte », pour collecter par participation citoyenne (crowdfounding) une somme rondelette (12000 euros) dont il refuse de me partager la comptabilité alors qu’il m’a contrainte à offrir des contreparties. (A titre de comparaison, un projet équivalent se montre beaucoup plus raisonnable, une jeune équipe est capable de produire un film avec beaucoup moins d’argent:  https://www.helloasso.com/associations/hemera productions/collectes/chasseurs-d-espoir-le-film)

Aujourd’hui encore, il récidive en me soumettant au chantage : je dois signer un nouveau contrat de cession de mes droits à l’image et droits d’auteur si je veux avoir les images.

Il s’avère clairement maintenant que je me suis trompée et que je me trouve confrontée à un cas personnel d’abus de confiance. J’ai particulièrement honte envers toutes les personnes qui ont soutenu financièrement et moralement ce projet, dont la crédulité a été manipulée tout autant que la mienne.

Je fais donc savoir aujourd’hui publiquement que dans ces conditions, je m’oppose à l’exploitation et la diffusion du film « Utopie sauvage » dont je suis co-auteur et unique protagoniste, parce que j’ai perdu espoir de faire entendre raison à mon partenaire dont j’estime les méthodes absolument inacceptables. Un consentement obtenu par la pression et le mensonge sont des méthodes pourries. Il n’a ni mes droits à l’image ni mes droits d’auteur. Ma volonté d’attribuer ma part d’auteur à des associations aux buts en relation avec le contenu du film n’a, en fait, jamais été prise en considération.

Cette histoire ne me réconcilie pas avec les médias. Je constate combien le système prédateur s’infiltre dans les meilleures intentions et comment l’écologie peut être instrumentalisée par des gens qui ont avant tout besoin de reconnaissance personnelle et de construire leur carrière.

Je ne suis pas opposée par principe à un témoignage cinématographique, car j’ai pu constater comment certains des reportages qui ont été diffusés sur mon histoire ont contribué à changer la vie de bien des personnes, qui d’ailleurs m’ont exprimé et continuent à m’exprimer leur reconnaissance, en particulier pour un courage qu’ils surestiment.

Mais il faut que ceux qui ont le pouvoir des images aient une déontologie minimum et que leur travail soit conduit dans le respect. Il faut surtout que les témoins, parfois eux-même lanceurs d’alerte, et les protagonistes de documentaires ne soient pas mis en danger, afin qu’ils n’écopent pas gratuitement de tous les ennuis pendant que ceux qui se gaussent de leur technicité retirent tous les bénéfices.

C’est toujours cette attitude colonisatrice qui est en cause, de l’homme sur la femme, du riche sur le pauvre, du civilisé sur le sauvage. Je n’ai pas l’outrecuidance de me comparer aux derniers indigènes de la planète qui suffoquent dans les derniers bouts de jungle, massacrés par nos maladies et nos cultures dégénérées, mais il y a quand même une certaine parenté entre eux et moi, perchée sur mon piton rocheux à me lamenter sur l’hécatombe aviaire, sur la faune et la flore en train de crever à ciel ouvert alors que les humains s’en foutent. Voilà le facteur de stress fondamental en cause dans ce qui a conduit à ma fragilité : il concerne toutes les personnes qui comme moi vivent proches de la nature, et sont confrontées physiquement à l’hécatombe en cours, car comment gérer en soi l’impuissance et la désolation quand chaque année, deux fois moins d’oiseaux chantent autour de ma yourte et que mes compagnons sauvages, renards, genettes, blaireaux, ne reviennent plus ?

C’est cet hommage à la nature en sursit et aussi un grand cri d’alerte que j’aurais voulu faire passer dans ce film, mais il aurait fallu que tout le processus de création de cette œuvre soit clean pour être crédible moralement.

La nature et la culture subissent un processus de siphonnage par les acteurs de la société de consommation, orchestré par les médias qui ne savent plus comment renchérir dans la compétition des images et des idées, au détriment de la réalité, et ont perdu tout sens des valeurs.

Voilà comment l’utopie s’effondre dans la boue.

Sylvie Barbe. 19 Novembre 2018.

Comment l'utopie s'effondre dans la boue - YURTAO, la voie de la yourte.

Après avoir refusé toutes sollicitations télévisuelles et médiatiques depuis 2013, j'ai fini par accepter en 2015 qu'un jeune cameraman se disant alternatif et indépendant, Baptiste Henry, capte des images chez moi, sur mon écolieu. Se présentant comme amical et désintéressé, ce jeune homme m'a mis en confiance par un assentiment à mon discours de sensibilisation à la protection de la nature.

http://yurtao.canalblog.com
YURTAO, la voie de la yourte.

Après avoir refusé toutes sollicitations télévisuelles et médiatiques depuis 2013, j'ai fini par accepter en 2015 qu'un jeune cameraman se disant alternatif et indépendant, Baptiste Henry, capte des images chez moi, sur mon écolieu. Se présentant comme amical et désintéressé, ce jeune homme m'a mis en confiance par un assentiment à mon discours de sensibilisation à la protection de la nature.

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